Son arrestation a provoqué une vague d'indignation sur les réseaux sociaux. Le journaliste et militant des droits humains marocain, Omar Radi, a été placé en détention, jeudi 26 décembre, pour un tweet dénonçant une décision de justice, selon son avocat, Maître Saïd Benhammami.
Ce dernier a indiqué qu'Omar Radi avait été entendu plus tôt dans la journée par la police judiciaire qui l'a déféré devant le procureur. Celui-ci a alors décidé de le placer en détention et son procès a débuté dans la foulée, en soirée.
Au cours de cette première audience, qui s'est déroulée devant le tribunal de première instance de Casablanca, ses avocats ont demandé sa remise en liberté provisoire. Une requête rejetée par le tribunal. La prochaine audience a été fixée au 2 janvier.
"Outrage à magistrat" puni d'un mois à un an de prison
Omar Radi est jugé en vertu de l'article 263 du Code pénal. Cette disposition punit d'un mois à un an de prison "l'outrage à magistrat", selon Maître Said Benhammani.
Selon sa défense, le journaliste, âgé de 33 ans, est poursuivi pour un tweet publié en avril. Il y fustigeait le verdict d'un magistrat contre des membres du Hirak, un mouvement de contestation sociale qui a agité le nord du Maroc en 2016 et 2017. Un juge de la Cour d'appel de Casablanca avait alors confirmé des peines allant jusqu'à vingt ans d'emprisonnement de 42 membres du Hirak.
"Lahcen Talfi, juge de la cour d'appel, bourreau de nos frères, souvenons-nous bien de lui. Dans beaucoup de régimes, les petits bras comme lui sont revenus supplier après en prétendant 'avoir exécuté des ordres'. Ni oubli ni pardon avec ces fonctionnaires sans dignité !", avait-il écrit dans son tweet.
Lahcen Talfi, juge de la cour d'appel, bourreau de nos frères, souvenons-nous bien de lui. Dans beaucoup de régimes, les petits bras comme lui sont revenus supplier après en prétendant "avoir éxécuté des ordres". Ni oubli ni pardon avec ces fonctionnaires sans dignité ! https://t.co/MlCAqhPlCX
— Omar Radi (@OmarRADI) April 6, 2019
Indignation et pages de soutien
Suite à la publication de ce tweet, en avril dernier, le journaliste avait déjà été entendu une première fois par la police judiciaire. Une enquête avait alors été ouverte.
L'arrestation d'Omar Radi, jeudi, a suscité une vague d'indignation sur les réseaux sociaux, et a été dénoncée par Reporters sans frontières (RSF). Sur Facebook et Twitter, des pages de soutien au journaliste marocain ont été créés sous le nom de "Free Omar Radi" afin de partager des informations, relayer des articles et fédérer une communauté de soutien autour du journaliste.
Au Maroc, un nouveau Code de la presse ne prévoyant plus de peines de prison est entré en vigueur en 2016, mais les journalistes continuent d'être poursuivis selon le Code pénal, ce qui n'est pas sans inquiéter les ONG internationales.
Dans son dernier classement annuel sur la liberté de la presse, RSF a classé le Maroc 135e sur 180 pays.
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