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Le choix des étudiants issus des écoles francophones vers des universités anglophones en Afrique de l’Ouest commence à prendre de l'ampleur au Sénégal. Cet état de fait a poussé plusieurs établissements supérieurs francophones publics comme privés à intégrer des programmes de Masters Business of Administration (MBA) ou encore du Bachelor. Ce qui a, sans doute, mis la puce à l’oreille des autorités sénégalaises qui ont démarré l’enseignement de l’anglais au préscolaire et à l’élémentaire. Un programme salué par plusieurs acteurs des établissements supérieurs qui ont commencé à "importer" au Sénégal des programmes d'universités basées aux États-Unis et en Grande-Bretagne.
«Ce programme est une bonne chose dans la préparation des étudiants pour les études supérieures. Le monde est global. Le monde parle anglais. C'est important de former nos jeunes à parler l'anglais, à être à l'aise avec la langue anglaise», a fait savoir Fatou Kassé, directrice générale de Dunis University, un établissement d'enseignement supérieur privé établi à Dakar.
Cette dernière, qui procédait au lancement du Bachelor of Business Administration (BBA) in International Business and Economics et Master in International Management, explique sa décision par la loi du marché du travail. ‘’C'est bon de comprendre plusieurs langues, même si on vit dans un pays francophone. Toutes les grandes écoles françaises, même en classe de spécialisation, mettent en place des programmes Bachelor. C'est la demande du marché du travail qui exige aux professionnels d'avoir des compétences linguistiques afin de répondre à la globalité des demandes’’, explique-t-elle.
Selon Mme Kassé, avec les programmes anglais, un professionnel basé au Sénégal peut interagir avec un autre établi en Chine, aux États-Unis, à Singapour…
‘’Je pense qu'il est primordial de parler l'anglais’’, conclut-elle.
5 Commentaires
Lamine Cissé
En Janvier, 2025 (14:55 PM)Partout en Afrique francofolle, bien parler français est revêtu d’un grand prestige et assimilé à un haut degré d’intelligence au point où le premier critère pour juger de la « baisse du niveau scolaire » dans nos pays, ce n’est point l’inaptitude aux mathématiques ou aux sciences en général, mais bien plutôt le faible niveau de maitrise du français. Ceux qui « parlent bien français » se font toujours féliciter dans la droite ligne des traditions ‘’tutoriales’’ et paternalistes coloniales, mais personne n’aura l’idée de féliciter ceux d’entre nous qui parlent deux, trois, ou quatre langues maternelles africaines. On fait porter le bonnet d’âne à tous ceux qui parlent mal le français (sans compter la stupide obsession de l’orthographe française) et ils sont raillés et montrés du doigt comme on le faisait autrefois dans les cours de récréation coloniales. Tous les intellectuels attachent une importance particulière à montrer leur haut degré de maîtrise du français (souvent même au détriment de la production de connaissance ou d’un vrai contenu dans leurs travaux), mais beaucoup ont honte de leurs origines et refusent même de parler dans leur langue maternelle à leurs enfants, même en famille. Le prototype de l’homme inculte, c’est, aux yeux de tous, celui qui parle mal le français ou celui qui ne le parle pas du tout et qui ose à peine prendre la parole en public pour cela. Et quand on s’avise de critiquer l’usage du français au détriment de nos langues, on s’entend toujours dire : « Mais toi-même, c’est en français que tu parles, non ? » tout en oubliant de dire que si nous parlons français, ce n’est pas parce que nous avons librement choisi de parler français, mais parce que le français nous a été imposé par la violence (y compris physique) coloniale. Sinon, il n’y a rien de spécial dans le français, rien qui ferait que nous devrions le préférer à n’importe quelle autre langue africaine. N’importe laquelle de nos langues pourrait aisément remplacer le français et jouer le rôle que joue le français dans nos échanges quotidiens et même au niveau international.
En conséquence, le français deviendra une langue optionnelle dont l’enseignement ne sera plus obligatoire tout comme l’enseignement du chinois, du russe ou du bulgare ne sont pas obligatoires chez nous. Tout celui qui le veut pourra apprendre le français en option tout comme certaines autres langues étrangères comme le roumain, le russe ou le chinois qui n’ont pas de statut préférentiel chez nous. En revanche, nous enseignerons l'anglais comme première langue étrangère en lieu et place du français.
Pourquoi l’anglais ?
1). A notre époque l’anglais est la langue de la science, du commerce international et de la diplomatie et ce, pour tous les pays du monde sans exception. Sauf dans de très rares cas comme au Vietnam où le chinois est la première langue étrangère enseignée, dans tous les pays du monde, sans aucune exception, l’anglais est la première langue étrangère enseignée aux enfants après qu’ils aient appris leur propre langue maternelle. En Chine, à Cuba, en Corée du Nord, tout comme en Bulgarie, en Russie, ou en France, et dans tous les autres pays du monde, la première langue étrangère enseignée aux enfants est l’anglais.
Pourquoi ?
2) A notre époque l’anglais est la langue de la science, de la recherche scientifique et de la technologie. Environ 98 % des publications scientifiques sont faites en anglais. A noter que ceci est valable pour la France elle-même. Environ 85 % des publications scientifiques des chercheurs français sont rédigées en anglais, selon les disciplines. Dans les sciences naturelles, techniques, médicales et exactes, ce pourcentage est proche de 90 %, car les chercheurs visent les revues internationales à forte visibilité, les plus prestigieuses et les plus citées (Nature, Science, Journal of Biological Chemistry, Physical Review Letters, New England Journal of Medicine, Applied Physics Letters, etc. etc.).
L'usage exclusif du français dans nos publications est l'une des raisons pour lesquelles les universités du CAMES occupent une place insignifiante dans les classements internationaux (quand elles en occupent du tout) et que nos chercheurs sont les moins cités du monde en raison de leur accès limité à la littérature scientifique internationale, conséquence de leur maitrise insuffisante de l'anglais.
Les publications scientifiques de nos chercheurs sont très peu lues et encore moins citées. En fait, nous vivons dans un ghetto scientifique sans le savoir. Si nous voulons sortir de ce ghetto scientifique et accéder au savoir moderne, nous devons nous débarrasser du français comme langue de la science dans nos pays et publier en anglais.
Mieux encore, nous devons travailler à faire de nos propres langues maternelles des langues scientifiques.
4) L’usage du français dans les relations commerciales internationales nous prive de l’accès à de nombreux investissements internationaux. Je n’ai pas le temps de développer tout cela en détail, mais ce sont certaines des principales raisons du choix de l’anglais comme première langue étrangère, décision historique et absolument salutaire que le gouvernement Diomaye a courageusement prise. Il reste maintenant à bannir le francais de notre système d'enseignement.
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En Janvier, 2025 (15:23 PM)Vilain
Texan
En Janvier, 2025 (16:36 PM)Reply_author
En Janvier, 2025 (17:56 PM)Fallou
En Janvier, 2025 (19:40 PM)Participer à la Discussion