
Des salariés exposés au coronavirus reprochent au géant de la restauration rapide de ne pas suffisamment les protéger. Ils demandent des masques mais aussi des congés maladie payés. Reportage dans l’un de ces McDonald’s en grève à Oakland, en Californie.
Avec notre correspondant à San Francisco, Éric de Salve
Concert de klaxons et de slogans devant un McDonalds d’Oakland. « Nos vies valent plus que des burgers », clament une vingtaine de manifestants en voiture, comme Kyla militante du Parti socialiste des États-Unis. « Là, nous bloquons l’entrée du drive-in de ce McDonald’s pour soutenir cinq employés en grève parce que McDonald’s néglige leur protection », explique-t-elle.
Depuis la découverte d’un cas de coronavirus dans son McDonald's, Imelda, 43 ans, l’une de ces grévistes dépourvus de couverture médicale, a peur de travailler. Cette mère latino-américaine de trois enfants demande donc à la direction des congés maladie et une quarantaine payée, ainsi que des masques de protection. « C’est très difficile parce que nous ne sommes plus payées, mais nous le faisons pour notre bien et celui de notre famille mais aussi pour celui des collègues et des clients, souligne-t-elle. Parce que si nous ne savons pas si nous avons le virus, nous risquons de contaminer beaucoup de gens. »
Des franchises libres d'appliquer leurs propres règles
Des dizaines de McDonald’s sont en grève depuis plus d'une semaine dans les grandes villes des États-Unis, accusés par leurs employés de négligence face au coronavirus. À Chicago, certains ont même porté plainte contre la marque, accusant leur direction d’avoir dissimulé des cas de Covid-19 au sein du personnel pour rester ouvert.
L’enseigne garantit pourtant un congé payé de quatorze jours, mais uniquement dans ses propres magasins. Or, 95% des fast-food de la chaîne sont des franchises indépendantes libres d’appliquer leurs propres règles.
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