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Conseiller délégué à la Cour suprême, Latyr Niang a prononcé le discours d’usage portant sur le thème «Droit de grève et préservation de l’ordre public». Un sujet de discussion lors de l’audience solennelle de rentrée des Cours et Tribunaux qui s’est tenue, ce jeudi matin, à la juridiction suprême, pour l’année judiciaire 2025.
Après avoir fait l’historique de la grève au Sénégal, l’exposant a signalé devant le président de la République Bassirou Diomaye Diakhar Faye, que «les données statistiques révèlent que les grèves ne sont pas nombreuses et que la plupart d’entre elles sont réglées à l’amiable ».
« Toutefois, sans montrer aucune défiance aux données statistiques, l’examen du contentieux social montre que très souvent, les droits les plus élémentaires des travailleurs ne sont pas respectés », a-t-il jugé.
Latyr Niang a, de ce fait, assuré que la faiblesse du nombre de grèves, sauf dans certains domaines du secteur public, ne doit pas cacher la réalité. « Les travailleurs et les fonctionnaires ont bien des raisons de faire des grèves. La lecture des rapports de la Cour des comptes sur la gestion des ressources humaines des entreprises publiques renforce ce constat », a-t-il affirmé.
Selon lui, la précarité de l’emploi est une justification de la faiblesse des grèves, mais « elle n’explique pas tout. En réalité, les fonctionnaires et les travailleurs sénégalais sont des citoyens qui sont raisonnables devant l’ordre public. Ils ne demandent que l’ordre public : le respect de leur dignité dans les rapports de travail. Cet ordre public doit être un ordre public de concertation et de négociation, même dans les moments les plus difficiles de la vie d’un pays ».
Pour finir, le conseiller délégué à la Cour suprême fera savoir : « Ousmane Sembène nous rappelle, dans son roman 'Les bouts de bois de Dieu', la croyance qui veut que l’on compte des bouts de bois à la place des êtres humains, pour ne pas abréger leur vie. Faisons exception à cette croyance, touchons du bois, pour que Dieu nous compte l’année prochaine. »
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