«Satisfaction d’une vieille doléance»
Sur place, le ministre, après avoir visité tour à tour l’ensemble des ouvrages hydrauliques réalisés par la Sones sur le site, s’est réjoui de constater que les travaux ont été exécutés avec «les normes les plus élevées» afin de sécuriser l’investissement. Il signale que l’usine est actuellement en phase de test et sera mise en service dans les jours à venir.
Pour lui, c’est «une vieille doléance des populations de la banlieue, Guédiawaye et Thiaroye notamment, qui vient d’être satisfaite» à travers cette usine de traitement du fer dans l’eau dont les travaux ont été lancés en 2017. Car, elle permet d’avoir aujourd’hui un niveau de 0,1 milligramme de fer par litre d’eau environ alors que la norme fixée par l’Oms est de 0,3 milligrammes par litre.
Cette usine permet également de traiter le manganèse dans l’eau. Sur ce, Serigne Mbaye Thiam renseigne qu’avant le traitement, la teneur du manganèse dans l’eau est estimée à 0,1 milligramme par litre. Et avec cette station de traitement, cette teneur baisse à 0,05 milligramme par litre. Ce qui est aussi inférieur à la norme fixée par l’Oms. La technologie adoptée ici est celle du traitement par filtration physico-chimique, en passant par un système d’aération forcée.
Ainsi, le ministre de l’Eau et de l’Assainissement a profité de l’occasion pour féliciter le Dg de la Sones, Charles Fall, et son équipe ainsi que les entreprises qui ont exécuté les travaux.
A rappeler que l’eau potable, qui est distribuée dans les quartiers de Thiaroye, notamment, même si elle ne présente aucun danger pour la consommation, est toujours perçue, sentie et jugée comme une eau saumâtre, une eau de mauvaise qualité. Une situation qui s’explique par la présence d’une quantité de fer et de manganèse qui dépasse les normes prescrites par l’Organisation mondiale de la santé (Oms). Et aujourd’hui, cette problématique sera réglée définitivement avec la mise en service de cette usine de déferrisation (enlever le fer ou les dérivés du fer dans l’eau).
Une technologie de dernière génération
Cette usine de dernière génération a une capacité de traitement estimée à 40.000 mètres cubes d’eau par jour, soit 40 millions de litres d’eau. D’un coût global de 5 milliards 500 millions de francs Cfa, cette usine est composée notamment, d’une unité d’aération, des filtres à sable, un décanteur, un réservoir de stockage d’une capacité de 2000 mètres cube. Elle est dotée également de 3 systèmes de pompage et d’un groupe électrogène.
Son objectif est de «réduire la forte» teneur de fer, de manganèse et d’hydrogène sulfuré dans les eaux des forages des champs captant de Pout-Kirène et de Pout Sud qui alimentent la banlieue dakaroise. Autrement dit, «éliminer» les couleurs rougeâtre et noirâtre ainsi que l’odeur nauséabonde de l’eau, qui sont dues à la présence de ces matières. Ce, en passant de 1 à 0,1 milligramme par litre pour le fer contre 0,3 milligramme par litre suivant les normes de l’Oms, soit un taux de rabattement de 1000% ; de 0,1 à 0,05 milligramme par litre pour le manganèse et enfin, d’éliminer le H2S.
Près de 5 milliards injectés par la Boad
Venu représenter le président de la Boad à cette visite, Yoro Diakité, représentant résident de la Boad au Sénégal, a fait savoir que son institution financière a investi près de 4 milliards 560 millions de francs Cfa dans ce projet de construction de l’usine du Point K. Et s’est dit «très fier» de voir que ledit projet a aujourd’hui vu le jour.
Les associations des consommateurs, Ascosen (Association des consommateurs du Sénégal) notamment, représenté par son vice-président, Momath Cissé, s’est réjoui également de voir que la problématique de la qualité de l’eau dans la banlieue de Dakar sera enfin résolue définitivement.
Toutefois, le consumériste estime que ce niveau de 0,1 milligramme de fer par litre d’eau, une fois obtenu, «doit être surveillé et respecté».
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