Scrabble : « On est vraiment devant une situation chaotique… »
8 juin 2008
Même si le bilan de la saison est positif, la situation est chaotique pour la préparation sénégalaise à abriter les championnats du monde prévus du 18 au 28 juillet prochain. Dans cet entretien, le président de la fédération sénégalaise de Scrabble francophone, monsieur Babacar Mboup, tire sur la sonnette d’alarme et lance un appel aux autorités étatiques et aux sociétés privées de la place pour relever le pari de l’organisation.
Au terme du championnat du Sénégal 2008, quel bilan tirez-vous de cette saison ?
D’emblée, il faut dire que le bilan de cette année est vraiment
positif dans la mesure où les joueurs se sont bien entraînés au Sénégal
et en France. Au minimun, nous avons fait douze tournois, donc il ne
reste que les championnats du monde. Souhaitons-nous de le gagner comme
d’habitude.
Justement en vue des championnats
du monde prochains, quels seront les critères de sélection pour
l’équipe qui défendra les couleurs sénégalaises ?
Les deux phases qualificatives des championnats du Sénégal
servaient de sélection pour déterminer l’équipe nationale qui
représentera notre pays aux 37èmes championnats du monde. Les
vingt-cinq premiers représenteront les seniors. On aura aussi quatre
vermeils c’est-à-dire à partir de soixante ans, quatre juniors et
quatre cadets. C’est à partir de ces tournois que seront sélectionnés
les joueurs de l’équipe nationale.
Dans quelles disciplines le Sénégal sera-t-il engagé ?
Nos joueurs seront présents dans toutes les disciplines. Ceux qui
ne sont pas qualifiés seront inscrits à l’open qui est ouvert aux
débutants et aux joueurs et pays non qualifiés.
Quelle sera la barre à franchir pour le Sénégal ?
C’est difficile de répondre à cette question parce que le Scrabble
c’est aussi de la chance. Pour un petit mot loupé, on peut perdre un
tournoi. Ce n’est vraiment pas évident de se prononcer. C’est encore
une fois un jeu d’esprit et pour un rien, on peut s’éloigner du top.
Sur qui reposeront les espoirs sénégalais lors de ces mondiaux ?
L’actuel champion du Sénégal, Amar Dioh, est un bon espoir. Nous
comptons également sur Ndongo Samba Sylla, Arona Gaye, Matar Sylla,
multiples champions du monde. Nous avons au moins cinq éléments sur
lesquels nous comptons pour avoir des trophées. Les 25 premiers
constitués en paires peuvent eux également remporter les championnats
du monde.
Nous ne sommes plus loin de ces championnats. Quelle est la dynamique du groupe ?
Normalement, dès demain (ndlr : lundi 19 mai) on devrait s’atteler
à regrouper les joueurs qualifiés. Malheureusement, on n’a pas encore
de budgets pour les regrouper dans un endroit calme. Les fonds
manquants, on sera obligé de nous rabattre au niveau du ministère des
Sports ou de la présidence de la République. Les sponsors faisant
défaut jusqu’à présent, on sera obligé d’attendre quelque temps pour
voir.
N’êtes-vous pas inquiété par la situation actuelle ? Pensez-vous toujours réussir le pari de l’organisation ?
Sincèrement, c’est un peu inquiétant. Nous nous attendions à ce que
le président de la République réagisse, il ne l’a pas fait. Nous
attendons également le ministère des Sports qui n’a pas encore réagi.
On fait face à une situation critique en ce moment. Nous devions passer
les commandes pour l’achat des trophées pour la bagatelle de 6 millions
minimum. Il faut donner des avances ça et là pour des machines, des
tableaux électroniques. Il y a tellement de charges à couvrir et nous
n’avons toujours rien. Mais ne dit-on pas que c’est dans la nature des
sénégalais de réagir à la dernière minute...
Si la situation perdure, quelles-en seront les conséquences pour le Sénégal ?
*Embarrassé !* Normalement, on devait mettre tout au point.
Puisqu’on pas encore les moyens, on est obligé d’attendre. Même à un
mois de l’évènement on devrait pouvoir tout faire. Mais il serait plus
prudent d’agir maintenant. Nous avons écrit à certaines sociétés
sponsors et nous attendons de voir ce que cela va donner.
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