
Malgré le drame, ils continuent à rire de tout. Le journal satirique Charlie Hebdo, décimé par un attentat islamiste, a de nouveau dessiné le prophète Mahomet en Une pour son prochain numéro de mercredi et lui fait proclamer "Je suis Charlie".
Cible des islamistes justement pour avoir souvent caricaturé Mahomet, Charlie Hebdo représente en Une un prophète qui pleure, habillé de blanc, et tenant entre ses mains une pancarte "Je suis Charlie", le slogan mondial des manifestants contre l'attentat qui ont défilé par millions dimanche.
Un tirage exceptionnel à trois millions d'exemplaires
Au-dessus du dessin, le journal titre "Tout est pardonné", un dessin signé Luz obtenu par l'AFP lundi soir.
Ce numéro dit "des survivants" - Luz est d'ailleurs l'un des rescapés de la fusillade de mercredi - sera tiré à trois millions d'exemplaires, contre 60.000 habituellement, et vendu dans 25 pays.
Son distributeur MLP a déjà reçu une avalanche de demandes en France et à l'étranger, ce qui l'a décidé lundi à porter ce tirage exceptionnel à trois millions d'exemplaires au lieu de un million prévus au départ.
L'avocat et porte-parole du journal, Richard Malka, avait rappelé lundi après-midi que les dessins de Mahomet et autres autorités de toutes les religions étaient habituels dans le journal depuis des années.
"Dans chaque numéro de Charlie Hebdo depuis 22 ans, il n'y en a pas un où il n'y ait pas de caricatures du Pape, de Jésus, de curés, ou de rabbins, d'imams et de Mahomet" et "l'étonnant serait qu'il n'y ait pas" de dessins de Mahomet dans ce numéro, a déclaré Richard Malka. Sur Europe 1, il a aussi réclamé le "droit à l'irrévérence" et déclaré que Charlie Hebdo n'est "pas un journal violent mais irrévérencieux", réfutant avec virulence toute accusation d'islamophobie.
Écrit par Jé. M. avec AFP
56 Commentaires
Mbalax Man
En Janvier, 2015 (22:37 PM)Saway
En Janvier, 2015 (22:39 PM)Sourate 22'v 49
En Janvier, 2015 (22:42 PM)Lamarana Bis
En Janvier, 2015 (22:44 PM)JE SUIS LE MAGNAQUE DE MEDINA
JE SUIS LE MAGNAQUE DE MEDINE
JE SUIS LE DEMON DE L''ISLAM
JE SUIS MOUHAMADMAGNAQUE SEXUELPEDOFILFILSDEPUTEJESUISCHARLIE.
JE SUIS LE MAGNAQUE DE MEDINA
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Je Ne Suis Pas Charlie
En Janvier, 2015 (22:44 PM)Indigné
En Janvier, 2015 (22:47 PM)Tjjjjjjjjjjnnjjj
En Janvier, 2015 (22:47 PM)Sourate 22'v 55
En Janvier, 2015 (22:50 PM)Taybass
En Janvier, 2015 (22:51 PM)Rat Du Desert
En Janvier, 2015 (22:51 PM)Charlie Sall
En Janvier, 2015 (22:52 PM)Kk
En Janvier, 2015 (22:53 PM)Muhammad Not Mahomet
En Janvier, 2015 (22:53 PM)Aaron
En Janvier, 2015 (22:57 PM)la liberte d expression ne doit pas etre de la provocation ce doit être le respect de la culture des autres en France tu es condamné quand tu assimilie un juif à de l argent.
quand on represente un prophete juif chretien ou musulman les fesses en l'air ce n est plus de la liberte d expresssion
Juim
En Janvier, 2015 (22:57 PM)Verite001
En Janvier, 2015 (22:59 PM)Erreur!
En Janvier, 2015 (23:00 PM)S'ils pensent que les musulmans vont les laisser insulter le prophète Muhammad sans réagir, ils se trompent lourdement!
Lume
En Janvier, 2015 (23:04 PM)Simplifier
En Janvier, 2015 (23:05 PM)Mamy
En Janvier, 2015 (23:17 PM)Maudit Sois Tu
En Janvier, 2015 (23:18 PM)Ssisssui Sall Lie
En Janvier, 2015 (23:20 PM)OU MARLY
OU MARLIE
HE BIEN DIDON "SALL LIE" "MARLY" "MARLIE" OU PLUTOT "CHARLY" OU ENCORE "CHARLIE SALL" EST IL REVENU ??????
My Name Is....
En Janvier, 2015 (23:21 PM)Ba
En Janvier, 2015 (23:21 PM)Dioko
En Janvier, 2015 (23:24 PM)Mon Coeur
En Janvier, 2015 (23:27 PM)Je Ne Suis Pas Charlot
En Janvier, 2015 (23:31 PM)Je ne suis pas CHARLOT
Je ne suis pas CHARLOT
Je ne suis pas CHARLOT
Je ne suis pas CHARLOT
Je ne suis pas CHARLOT
Je ne suis pas CHARLOT
Je ne suis pas CHARLOT
Je ne suis pas CHARLOT
Je ne suis pas CHARLOT
Je ne suis pas CHARLOT
Je ne suis pas CHARLOT
Je ne suis pas CHARLOT
Omar
En Janvier, 2015 (23:33 PM)Non
En Janvier, 2015 (23:39 PM)Charlicouli
En Janvier, 2015 (23:46 PM)Anonyme2
En Janvier, 2015 (23:49 PM)Ces Charlots
En Janvier, 2015 (00:03 AM)Dioulde
En Janvier, 2015 (00:10 AM)Cheut
En Janvier, 2015 (00:13 AM)The best : tout est pardonne...
Charlie 2 - Islam 0
Fin du match
Anonyme3
En Janvier, 2015 (00:13 AM)Soo
En Janvier, 2015 (00:42 AM)Il faut commencer a les tuer hors de la france
Honteux
En Janvier, 2015 (00:44 AM)Nn
En Janvier, 2015 (01:24 AM)Maky Assume
En Janvier, 2015 (02:18 AM)1 TU ES CHARLIE
Mais t'es toujours vivant pour le dire
2 TU ES CHARLIE
donc tu es l'auteur des caricatures
3 TU ES CHARLIE
Donc tu t'en fous de l'humanité et de ses croyances
4 TU ES CHARLIE
Donc ta liberté est irrévérence
5 TU ES CHARLIE
Donc tu dénigres Seydina Mohamed saw notre référence
6 TU ES CHARLIE
Donc assume ton athéisme,ton inconscience
7 TU ES CHARLIE
Donc,joues avec la foi de milliers de musulmans
8 TU ES CHARLIE
Donc ,t'es un des soldats de satan
9 TU ES CHARLIE
Donc tu es pour le mariage gay
10 TU ES CHARLIE
Donc joues avec la paix
11 TU ES CHARLIE
Assumes ta non foi à l'islam
12 TU ES CHARLIE
Donc ,je te souhaite pas le salam
13 TU ES CHARLIE
Donc continues de nous manquer de respect
14 TU ES CHARLIE
Donc continues à nous insulter
15 TU ES CHARLIE
Continues à te moquer de ma religion
16 TU ES CHARLIE
Meurs pour ta liberté d'expression
TU ES CHARLIE
Ils sont 17,,,,,,,,,,,,,,,,es tu prêt à être le 18ème. Sinon sache que t'en es pas une mais juste une tête sans cervelle qu'on manipule.Un pion qu'on place et replace.
Un con que satan mènera en enfer.
Mame Bamba
En Janvier, 2015 (03:48 AM)Boy Virginia @ Faut Pas Des Co
En Janvier, 2015 (06:10 AM)Liberté d'expression qui choque ne l'est plus ,
Si ce torchon de jourdaliste dessiné ton pere et ta mere en nguimb allais tu nous parler de freedom .
Bombaclat pussy pigeon
Jihad Anticrayon
En Janvier, 2015 (08:45 AM)A vrai dire Charlie est fort.
@et Alors?
En Janvier, 2015 (08:57 AM)et puis arrêtez de faire comme ci cela ne vous avez pas ébranlé sinon kone douguène nekk di faire tout un plat pour ça au point d'organiser une marche et d'y convier la planète entière.. khamolène kou togn kou feyou nguène kham. ya quoi de plus provocateur que de reproduire le même acte qui a causé un drame pareil ???
Et pourtant si les musulmans répliquent encore gnouni gno togne ?? Vous êtes même bête et vous ne vous en rendez pas compte. C'est triste !! BOUNGUENE SONOUL DOUGNOU SONEUH BOU YABO PLANÈTE BI DIEKH EN TOUT CAS VOUS NE POUVEZ RIEN CONTRE LES MUSULMANS AU CAS CONTRAIRE ON SERAI DÉJÀ TOUS MORTS A L’HEURE QU'IL EST. BONNE CHANCE DANS VOTRE COMBAT CONTRE LES MUSULMANS
Daanuleer
En Janvier, 2015 (09:08 AM)Warou 2
En Janvier, 2015 (09:42 AM)Ndiaga
En Janvier, 2015 (09:57 AM)La jeune femme, chroniqueuse judiciaire de l’hebdomadaire satirique, se souvient de chaque détail de cette matinée où les rires se sont tus. Elle nous reçoit dans les locaux de Libération, qui offre l’asile depuis vendredi aux rescapés de Charlie Hebdo pour réaliser le numéro qui doit sortir mercredi 14 janvier. Elle chasse d’un bref sourire les ombres qui hantent son visage. Dix de ses amis ont été assassinés sous ses yeux mercredi. Elle a été épargnée. Elle tient à témoigner, dans un flot de mots entrecoupé de silences, de sourires et de larmes qui ressuscitent ce qu’était Charlie Hebdo, la joie de vivre et les morts.
En entrant dans la rédaction, ce jour-là, son gâteau dans les bras, elle salue Angélique, la femme chargée de l’accueil, dont le bureau fait face à l’entrée. Immédiatement à gauche se trouve celui de Simon Fieschi, le webmaster, qui tourne le dos à la porte blindée. Dans la kitchenette, Tignous prépare le café. Comme souvent, des « invités » de la rédaction sont présents. Michel Renaud est venu rendre à Cabu des dessins empruntés pour un festival qu’il a fondé, le Rendez-vous du carnet de voyage. Il a apporté un cadeau emballé dans un gros paquet : un jambon.
Lila, le petit cocker roux du journal, trottine de jambes en jambes. Avec une inclination particulière pour Cabu, surtout quand il y a du jambon, « parce qu’il donne toujours sa part au chien ». Sigolène Vinson parle au présent, des morts comme des vivants. Arrivé en retard, Philippe Lançon bougonne parce qu’il n’y a pas assez d’exemplaires de Charlie pour tout le monde. Un concours de blagues grivoises chasse rapidement son air chagrin : la conférence de rédaction vient de commencer.
Autour de la grande table rectangulaire sont assis, de gauche à droite à partir du seuil de la porte : Charb, Riss, Fabrice Nicolino, Bernard Maris, Philippe Lançon, Honoré, Coco, Tignous, Cabu, Elsa Cayat, Wolinski, Sigolène Vinson et Laurent Léger. L’invité, Michel Renaud, est assis sur une chaise dans un coin de la pièce. Luz et Catherine Meurisse, une autre dessinatrice sont en retard. Zineb El Rhazoui, la jeune reporter, est en vacances au Maroc, Gérard Biard, le rédacteur en chef, à Londres. Antonio Fischetti, le journaliste scientifique, assiste à l’enterrement de sa tante en province. Quant à Willem, il goûte peu les conférences de rédaction.
Charb, comme toujours, enchaîne les jeux de mots et griffonne sur les feuilles du chemin de fer. « Il dessinait tout le temps, raconte Sigolène Vinson en esquissant un sourire. Ses feuilles de chemin de fer étaient géniales. J’admirais son sens du détournement. Tous ses dessins traduisaient instantanément nos échanges autour de la table. »
« On a entendu “pop pop” »
Ce jour-là, les « échanges » tournent autour du dernier roman de Michel Houellebecq, Soumission, auquel est consacrée la « une » du jour. Il est question de littérature, de racisme, d’Eric Zemmour, des manifestations anti-islam en Allemagne. Certains défendent Houellebecq, d’autres s’inquiètent de la « montée du fascisme » dans la société. Il y a ceux qui parlent et ceux qui observent. Sigolène Vinson, assise à droite de la porte à côté de Laurent Léger, fait partie des plus réservés.
L’économiste Bernard Maris, qui lui fait face, l’invite à s’exprimer. Elle décline l’invitation en lui souriant timidement et se lève pour chercher du café. « A ce moment, dans la kitchenette, j’étais emplie d’un sentiment de bonheur. Malgré le boucan derrière moi, les débats parfois très sportifs entre nous, je réalisais quelle chance j’avais d’appartenir à cette rédaction, de fréquenter ces gens, si drôles, si intelligents, si gentils… »
En retournant dans la salle de rédaction, elle aperçoit Philippe Lançon enfilant son manteau, son bonnet et son sac à dos. Un jeu de mots traverse la pièce. Le dernier de la journée. « Il y avait le mot “susmentionné”, ou quelque chose dans le genre, il y avait “suce” dedans. » Charb lance à Philippe : « On fait cette blague pour que tu ne nous quittes pas. »
A cet instant précis, Luce Lapin, la secrétaire de rédaction, s’apprête à quitter la salle pour corriger un numéro spécial sur la gestation pour autrui. Elle a déjà un pied dans son bureau, accolé à celui de Mustapha Ourrad, le correcteur d’origine kabyle qui, après des décennies de présence sur le territoire, vient d’obtenir la nationalité française. Leurs bureaux sont séparés de la salle de rédaction par une simple porte vitrée.
A cet instant précis, « on a entendu deux “pop”. Ça a fait “pop pop” ». Dans une assemblée de dessinateurs affairés à inventer des bulles, des coups de feu font forcément « pop pop ». Les deux balles ont perforé les poumons de Simon Fieschi, 31 ans, le webmaster chargé de gérer le tombereau d’insultes qui affluent à la rédaction depuis des années. Son bureau est le premier qu’on rencontre quand on pénètre dans les locaux. Il sera la première victime de l’équipée vengeresse des frères Kouachi. Grièvement blessé, il a été hospitalisé dans un état critique.
Dans la salle de rédaction, un moment de flottement. « Luce a demandé si c’était des pétards. On s’est tous demandé ce que c’était. » Elle voit Franck Brinsolaro, un des policiers chargés de la protection de Charb, se lever de son bureau, logé dans un renfoncement de la pièce. « Sa main semblait chercher quelque chose sur sa hanche, peut-être son arme. Il a dit : “Ne bougez pas de façon anarchique.” Il a semblé hésiter près de la porte. Je me suis jetée au sol. “Pop pop” dans Charlie, je comprends que ce ne sont pas des pétards. »
La jeune femme rampe sur le parquet en direction du bureau de Luce et Mustapha, à l’autre bout de la pièce. Elle entend la porte d’entrée de la salle de rédaction « sauter » et un homme crier « Allahou akbar ». Puis cette question : « Où est Charb ? ». « Pendant que je rampe au sol, j’entends des coups de feu. Je ne veux pas me retourner pour ne pas voir la mort en face. Je suis sûre que je vais mourir. Je rampe et j’ai mal au dos. Comme si on me tirait dans le dos. » Aucun tir ne l’a touchée.
Réfugiée derrière un muret
Tandis que les balles sifflent dans la pièce, elle parvient à atteindre le bureau de Mustapha et Luce, puis se cache un peu plus loin derrière le muret qui marque la séparation avec celui des maquettistes. Laurent Léger, son voisin de table, est parvenu à se glisser sous le bureau du policier. Adossée au muret, la jeune femme aperçoit Jean-Luc, le maquettiste, qui s’est lui aussi réfugié sous son bureau. Elle entend la scène qu’elle ne voit pas : « Ce n’était pas des rafales. Ils tiraient balle après balle. Lentement. Personne n’a crié. Tout le monde a dû être pris de stupeur. »
Puis tout s’est tu. « Je connaissais l’expression “un silence de mort”… », dit-elle. Le silence, et cette « odeur de poudre ». Sigolène Vinson ne voit rien. Réfugiée derrière le muret, elle entend la mort, elle la sent. Puis elle perçoit des pas qui s’approchent. Elle les mime. Des coups de feu, à nouveau. « Je comprends que c’est Mustapha. » Puis elle voit. « J’ai vu les pieds de Mustapha au sol. » Les pas se rapprochent. Un des tireurs, « habillé comme un type du GIGN », contourne lentement le muret et la met en joue. Il porte une cagoule noire.
« Je l’ai regardé. Il avait de grands yeux noirs, un regard très doux. J’ai senti un moment de trouble chez lui, comme s’il cherchait mon nom. Mon cerveau fonctionnait très bien, je pensais vite. J’ai compris qu’il n’avait pas vu Jean-Luc, sous son bureau. » L’homme qu’elle regarde dans les yeux s’appelle Saïd Kouachi. Il lui dit : « N’aie pas peur. Calme-toi. Je ne te tuerai pas. Tu es une femme. On ne tue pas les femmes. Mais réfléchis à ce que tu fais. Ce que tu fais est mal. Je t’épargne, et puisque je t’épargne, tu liras le Coran. » Elle se souvient de chaque mot.
Les yeux plantés dans le regard du tueur, Sigolène Vinson engage un dialogue mental avec lui. Ses pensées courent toutes seules. « Je me suis demandé pourquoi il me disait ça. Je pensais que mes chroniques judiciaires étaient jolies. Je trouvais assez cruel de sa part de me demander de ne pas avoir peur. Il venait de tuer tout le monde et me braquait avec son arme. Je l’ai trouvé injuste. Injuste de dire que ce qu’on faisait était mal, alors que le bien était de notre côté. C’est lui qui se trompait. Il n’avait pas le droit de dire ça. »
Durant cet échange silencieux, elle ne quitte pas son agresseur du regard. « Je lui fais un signe de la tête. Pour garder un lien, un contact. Peut-être qu’inconsciemment, je cherche à l’attendrir. Je ne veux pas perdre son regard car Jean-Luc est sous la table, il ne l’a pas vu, et j’ai bien compris que s’il ne tue pas les femmes, c’est qu’il tue les hommes. »
Dans la salle de rédaction, où se trouve Chérif Kouachi, le frère cadet de Saïd, une femme a été assassinée : Elsa Cayat, psychanalyste et chroniqueuse à Charlie. Saïd Kouachi se tourne vers la grande pièce et crie : « On ne tue pas les femmes. » Trois fois. « A ce moment, je ne sais pas qu’Elsa est morte, dit Sigolène Vinson. Ni que Cécile, Luce et Coco se sont réfugiées dans un autre bureau. »
« On ne tue pas les femmes ! », crie Saïd. Puis il disparaît. Sigolène Vinson perd le contact avec « ces grands yeux doux » qui sortaient de la cagoule. A un moment, elle ne sait plus trop quand, elle s’approche de la fenêtre pour sauter, avant de se rendre compte que c’est « trop haut ». « Je me suis retrouvée avec Jean-Luc, on est resté interdits. On ne savait pas s’ils étaient vraiment partis. » Des coups de feu retentissent au loin, dans la rue. « J’ai entendu Lila, les petits pas de Lila, passer à côté de Mustapha. » Elle mime les petits pas de Lila. Dans son souvenir, la mémoire de ses sens exacerbés, le chien courait de bureau en bureau pendant la tuerie.
Chaque seconde est une éternité
Sigolène retourne dans la salle de rédaction. Sa « vision d’horreur ». « Je vois les corps par terre. Tout de suite, j’aperçois Philippe, le bas du visage arraché, qui me fait signe de la main. Il y a deux corps sur lui. C’était trop. » Elle s’interrompt. Puis reprend, la voix étranglée : « Il a essayé de me parler avec la joue droite arrachée… Je lui ai dit de ne pas parler. Je n’ai pas pu m’approcher de lui. Je n’ai pas pu lui tenir la main. Je n’ai pas réussi à l’aider. C’était trop. » Philippe Lançon, dont les jours ne sont pas en danger, a reçu une balle dans la joue droite.
Tous les morts ont été retrouvés face contre terre. Sigolène enjambe les corps de Cabu, d’Elsa, de Wolinski et de Franck, le policier, pour récupérer son portable dans son manteau. Elle appelle les pompiers. La conversation dure 1 min 42 s. « C’est Charlie, venez vite, ils sont tous morts. » Le pompier lui demande « combien de corps ? ». Elle s’agace, le trouve « con ». Le pompier lui demande l’adresse de Charlie Hebdo. Elle ne s’en souvient plus. Elle répète trois fois : « Ils sont tous morts ! »
Au fond de la pièce, une main se lève. « Non, moi je ne suis pas mort. » C’est Riss. Allongé sur le dos, il est touché à l’épaule. A côté de lui, Fabrice Nicolino fait signe à Sigolène Vinson de venir l’aider. Atteint aux jambes et à l’abdomen, il est assis dans une mare de sang. « C’est horrible à dire, mais comme ses blessures étaient moins apparentes que celles de Philippe, c’était plus facile pour moi de m’occuper de lui. Il m’a demandé quelque chose de frais pour son visage, je lui ai rapporté un torchon mouillé. Puis il m’a demandé de l’eau. Je ne savais pas qu’il ne fallait pas donner d’eau dans ces circonstances, je suis allée remplir une flûte à champagne en plastique dans la cuisine. Il perdait beaucoup de sang. Puis il s’est senti partir, il m’a demandé de lui parler. »
Ses proches, informés du drame, commencent à l’appeler. « Dès que je décrochais, je hurlais, je tenais des propos incohérents. Riss m’a demandé de me calmer. Dès que je raccrochais, je me calmais, je retrouvais mes esprits. » Coco fait irruption dans la pièce. Elle se précipite sur Philippe Lançon pour lui venir en aide. « Ça m’a soulagée, dit Sigolène Vinson, moi je n’y arrivais pas. »
Chaque seconde semble une éternité. L’attente de l’arrivée des secours, qui tarde, est insupportable. « Tout à coup a surgi dans la salle une femme habillée de noir, assez jolie. J’ai appris plus tard qu’elle travaillait en face, sur le même palier. Elle avait les yeux exorbités. Elle disait : “C’est horrible, c’est horrible.” Elle avait la main sur la bouche. Elle voulait aider, mais elle ne pouvait pas. »
Peu après, la silhouette de Patrick Pelloux apparaît dans l’embrasure de la porte. « Je l’ai vu se pencher sur le corps de Charb. Il lui a pris le pouls au niveau du cou. Puis il lui a caressé la tête et lui a dit : “Mon frère.” » Le récit s’interrompt. Elle reprend : « Il lui a dit “Mon frère”. » La conversation se noie à nouveau : « Mon frère… »
La jeune femme se souvient qu’on lui fait alors quitter la pièce. On l’emmène dans « l’aquarium », le grand bureau vitré où travaillent d’ordinaire Zineb, Laurent Léger et Gérard Biard. « Je vois Luz, je ne comprends pas ce qu’il fait là car il n’était pas à la conférence de rédaction. Je suis ahurie. Puis je vois Laurent Léger, je ne comprends pas non plus car lui y était. Je suis tellement contente. Des pompiers arrivent, puis Riss. Je m’aperçois qu’il y a Cécile, Coco et Luce. C’est là que je me rends compte qu’il y a des vivants. Que toutes les femmes, en dehors d’Elsa, sont vivantes. »
Arrivé en retard à la conférence de rédaction, Luz avait apporté une galette des rois. Le gâteau marbré de Sigolène Vinson, lui, a « volé en éclats ». Lila, le cocker roux, a continué de courir de table en table. La jeune femme cherche ses mots. Le sens se dérobe. « Cette rédaction, ce n’était que des rires et de la gentillesse. Une vraie douceur, une vraie tendresse. Quand j’ai vu Cabu et Wolinski, des vrais, vrais gentils, je n’ai pas compris… »
Ibn Al-rawandi
En Janvier, 2015 (10:00 AM)« Notre souffrance est un prélude à ce que vous-mêmes, chrétiens européens et occidentaux, souffrirez dans un futur proche », a crié l’archevêque à ses frères chrétiens d’Occident. « S’il-vous-plaît, il faut que vous compreniez. Vos principes libéraux et démocratiques n’ont aucune valeur ici. Vous devez reconsidérer la réalité du Moyen-Orient, car vous accueillez un nombre croissant de musulmans. Vous aussi, vous êtes en danger. Il vous faut prendre des décisions courageuses et dures, y compris en allant à l’encontre de vos principes. Vous croyez que tous les êtres humains sont égaux, mais ce n’est pas une chose certaine. L’Islam ne dit pas que tous les êtres humains sont égaux. Vos valeurs ne sont pas leurs valeurs. Si vous ne comprenez pas cela rapidement, vous tomberez victimes d’un ennemi que vous aurez accueilli dans votre maison. » Source : Nouvelles d’Arménie Magazine
Golomere
En Janvier, 2015 (11:19 AM)Mbir
En Janvier, 2015 (11:53 AM)Missa
En Janvier, 2015 (15:34 PM)Macky sall yaw mome mane mala bayii je t'ai laissé complement Macky car tu as montré que t'es un SATAN
Bik Makh
En Janvier, 2015 (16:25 PM)Yes
En Janvier, 2015 (16:59 PM)Correction
En Janvier, 2015 (19:06 PM)Leuz
En Janvier, 2015 (02:47 AM)Bravo continuer comme ça et l'islam gagnera encore du terrain
Romy
En Janvier, 2015 (07:31 AM)Reveillez-vous mes freres!!!!!!!!!!!!!!
Mohamed Diabang
En Janvier, 2015 (15:48 PM)Participer à la Discussion